QUELQUES EXPLICATIONS

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LE DON
LE DON D'ORGANE
Chaque être humain en état de mort encéphalique (1), malgré tous les efforts des médecins pour le sauver, doit être considéré comme un donneur potentiel. Il n'y a pas de limite d'âge légale, cela dépend des organes concernés. Le critère retenu est la qualité des organes prélevables, c'est l'état physiologique du donneur et les circonstances de sa mort qui en décident

Il existe cependant des contre-indications absolues au prélèvement de tout organe telles que des infections sévères, des cancers … Il existe également des contre-indications propres à certains organes. En pratique, la qualité fonctionnelle du greffon (2) dépend en grande partie des conditions dans lesquelles survient la mort. Un organe dont la fonction est douteuse sera refusé.

On peut prévoir, de son vivant, la possibilité de donner ou non ses organes après sa mort soit en signalant à ses proches que l'on est favorable au prélèvement d'organes, soit en portant sur soi une carte de donneur d'organes (elle n'est pas obligatoire mais facilite grandement le don d'organes).

Les tissus et les organes que l'on greffe et qui sont prélevés sur un être humain vivant sont essentiellement la moelle osseuse, le rein, la peau, les fragments osseux, le lobe hépatique et le lobe pulmonaire (exceptionnellement). Ceux prélevés après la mort sont le coeur, le foie, le rein, les coeur-poumon, le poumon, le pancréas, l'os - cartilage, la cornée, la peau, l'intestin (rarement).

Le don est strictement anonyme. Toutes les personnes ont des chances égales quant à l'attribution de greffons. Un organe disponible est attribué selon des règles strictes dont l'Etablissement Français des Greffes (E.F.G.) est garant. C'est d'ailleurs cet établissement qui dispose des critères et attribue les greffons à partir de la liste des receveurs en attente. Le mode de sélection dépend, selon l'organe, des règles de priorité fondées sur des critères exclusivement médicaux, géographiques, et du temps de conservation du greffon qui est différent suivant l'organe concerné.

Le don est un acte bénévole. Il ne peut faire l'objet d'aucune compensation financière ou autre. Pour le receveur, l'organe transplanté est gratuit. La loi Bioéthique prévoit de très lourdes sanctions dans le cas où ces règles ne seraient pas respectées.

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(1) La mort encéphalique est l'arrêt de toute activité cérébrale ; état irréversible où la certitude de la mort est incontestable, les grandes fonctions de l'organisme étant maintenues par une circulation sanguine et une assistance ventilatoire ainsi qu'un maintien du corps à température pour une bonne conservation des organes.

(2) Un greffon est l'organe ou le tissu que l'on greffe.

LE DON DE TISSUS HUMAINS
- la cornée
Le prélèvement et la greffe de tissus sont soumis désormais aux mêmes règles de bioéthique que les transplantations d'organes. Le prélèvement peut s'effectuer soit sur le défunt en état de mort cérébrale, soit plus tard "à coeur arrêté", dans un délai inférieur à dix heures. Actuellement, ces prélèvements ne peuvent être pratiqués qu'à l'hôpital ou dans une clinique habilitée. On ne prélève que la cornée (la face avant de l'oeil), ce qui n'altère pas l'aspect du visage.

Les greffes de cornée sont entreprises pour lutter contre certaines formes de cataractes, de malformations héréditaires, de maladies entraînant la cécité. Une fois prélevée, la cornée est acheminée dans le laboratoire de la banque de cornées où elle peut être conservée pendant un mois avant d'être greffée. Il n'y a pas d'âge limite pour le prélèvement de cornée.

- les autres tissus
Sur donneur vivant : la tête du fémur au cours d'une opération orthopédique, les veines saphènes, les cellules sanguines jeunes (ex : la moelle osseuse). Dans ces cas, il faut le consentement éclairé explicite du donneur, devant le Président du Tribunal de Grande Instance.

Sur donneur en état de mort cérébrale : les os longs, les vaisseaux, la peau, les valves cardiaques, la cornée. Comme pour le prélèvement d'organes, le consentement présumé suffit s'il s'agit d'un adulte.

Sur personne décédée : les os, la cornée.

La conservation des tissus obéit à des règles diverses : congélation à -196° en azote liquide, congélation à -80° pour la tête fémorale, conservation à +31° pour la cornée.

LE DON DU SANG
Le don du sang est un don comme le don d'organes et de tissus. Il obéit à des règles biologiques comparables. Il est irremplaçable pour sauver de très nombreux malades atteints d'anémies, de leucémies, d'hémorragies, etc... et pour permettre l'essor de la chirurgie en de nombreux domaines, sans oublier les greffes d'organes.

Avant d'être transfusé, le sang est l'objet de contrôles sévères pour s'assurer qu'il n'est pas contaminé par des germes variés, notamment ceux de la syphilis, du SIDA, de l'hépatite C ...

LE DON DE MOELLE OSSEUSE
La moelle osseuse, riche en cellules souches hématopoïétiques, est répartie dans les os du corps ; elle fabrique les cellules du sang (globules blancs, plaquettes sanguines) qui se renouvellent régulièrement. Ne pas confondre avec la moelle épinière.

Toutes les personnes en bonne santé, âgées de 18 à 50 ans, acceptant d'être disponibles, peuvent devenir donneurs volontaires soit en contactant l'association FRANCE ADOT de son département, soit en consultant directement France Greffe de Moelle ou le centre donneur le plus proche. Elles resteront inscrites sur le registre des donneurs volontaires jusqu'à l'âge de 60 ans révolus.

Ce sont essentiellement les malades dont la moelle ne fonctionne plus (aplasie) ou est envahie par des cellules cancéreuses (leucémie) qui ont besoin d'une greffe de moelle osseuse. Une maladie affectant la moelle osseuse a de graves conséquences. En effet, l'absence de globules rouges entraîne une anémie ; l'absence de globules blancs, des infections ; et celle des plaquettes, des hémorragies.

Pour qu'une greffe réussisse, il faut que la moelle osseuse du donneur et le corps du malade s'acceptent mutuellement. Il faut donc donner au malade une moelle osseuse aussi identique que possible à la sienne. C'est parmi les frères et soeurs que l'on trouve le plus facilement des sujets ayant le même groupe tissulaire (appelé groupe HLA). Mais une fois sur quatre seulement, on trouve un frère ou une soeur compatible.

Le groupe tissulaire est déterminée suite à un prélèvement de sang par un laboratoire spécialisé, rattaché à France Greffe de Moelle.
Le médecin ne prélève la moelle osseuse qu'afin de la greffer à un malade (hospitalisation la veille du don, pour une durée de deux jours). Ce don justifie un arrêt de travail. La quantité de moelle prélevée est en rapport avec la morphologie du receveur. Le prélèvement s'effectue par plusieurs ponctions au niveau des os du bassin, sous anesthésie générale. L'hospitalisation n'entraîne aucun frais pour le donneur et le receveur. La moelle est injectée au receveur par voie intraveineuse.

LE PRELEVEMENT
Le prélèvement est effectué par une équipe médico-chirurgicale spécialisée d'un hôpital ayant obtenu l'agrément. Le prélèvement est obligatoirement pratiqué dans un hôpital habilité par le ministère de la santé et le préfet du département. Si le donneur en état de mort encéphalique se trouve dans un hôpital non habilité, le transfert vers un hôpital préleveur est indispensable. Le transfert est obligatoirement médicalisé (ex : Samu).

Le donneur en état de mort encéphalique est pris en charge par la Sécurité Sociale. Le transport d'un hôpital non préleveur à un hôpital préleveur est pris en charge par l'organisme de couverture sociale du receveur ; il en est de même de l'hospitalisation en réanimation et des examens pratiqués. Les frais des prélèvements sont facturés aux hôpitaux qui ont transplanté. Pour la famille du donneur, le prélèvement n'entraîne donc aucun frais lié à cette intervention.

Une fois le(s) prélèvement(s) effectué(s), l'aspect extérieur du corps fait l'objet des plus grands soins de la part des médecins avant la restitution à la famille. Le corps est ensuite ramené dans son hôpital d'origine, sans frais supplémentaire pour la famille du donneur.

Les organes prélevés sont conservés par le froid dans des liquides de conservation. Le transport de ceux-ci est effectué au plus vite (véhicule automobile, T.G.V., avion, hélicoptère, etc...). La durée de conservation, variable selon les organes, n'excède pas quelques heures.

LA GREFFE
Une greffe est la mise en place dans le corps humain d'un organe étranger qui lui est devenu nécessaire pour remplacer ou suppléer un organe en défaillance sévère et irréductible dont la fonction est vitale et pour permettre au malade de retrouver une existence normale.

Plusieurs greffes existent :

- l'autogreffe : le greffon provient du malade lui-même
- l'allogreffe ou homogreffe : la greffe est faite à partir d'un donneur
- la xénogreffe : greffe pratiquée entre deux organismes d'espèce différente (par exemple greffe d'un organe d'animal chez l'homme)

La greffe est effectuée dans le service spécialisé d'un hôpital habilité aux transplantations, par une équipe rompue à ce type d'interventions. Les greffes d'organes ne peuvent se dérouler que dans le secteur public. Les greffes de tissus sont possibles dans le secteur privé ou public.

Pour qu'une greffe réussisse, il faut d'une part greffer un tissu ou un organe dont les caractéristiques biologiques soient les plus proches de celle du receveur, cela s'appelle la compatibilité tissulaire (3) et d'autre part, maîtriser les phénomènes inéluctables de rejet (4).

Les complications possibles d'une greffe sont essentiellement le rejet (la greffe n'est pas tolérée par le receveur) ou l'infection (en luttant contre le rejet, on diminue les capacités de défense de l'organisme contre les bactéries, virus et parasites rendant le patient plus vulnérable).

La contrainte principale d'une personne greffée est la nécessité de poursuivre le traitement immunosuppresseur (médicament anti-rejet) à vie. Cela impose une surveillance sérieuse et régulière.

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(3) La compatibilité tissulaire est la plus ou moins grande similitude biologique des tissus du donneur avec ceux du receveur. Chaque être humain se définit, sous l'angle biologique, par des antigènes réunis en un groupe tissulaire qui lui est propre. Quand le donneur possède le même groupe tissulaire que le receveur ou un groupe très voisin, on dit qu'il y a compatibilité : le greffon est accepté, la greffe réussit.

(4) Le rejet est un phénomène naturel. C'est la destruction, après sa reconnaissance, de tout élément étranger pénétrant dans un organisme vivant ; réaction bénéfique quand il s'agit d'un microbe, réaction regrettable quand il s'agit d'une greffe. On peut agir sur le phénomène de rejet d'une greffe en atténuant l'intensité de la réponse immunitaire, grâce à des médicaments appropriés (en particulier la Ciclosporine).

QUELQUES CHIFFRES
Premiers succès de transplantations dans le monde :

1952 : rein entre deux vrais jumeaux par John MERILL et Joseph MURRAY (USA)
1966 : rein-pancréas par le Professeur LILLEHEI (USA)
1967 : coeur par le Dr Christian BARNARD (Afrique du Sud)
1967 : foie par le Dr Thomas STARZL (USA)
1981 : bloc coeur-poumons par Norman SHUMWAY et Bruce REITZ (USA)
1983 : poumon unique (Canada)
1986 : 2 poumons par le Dr Joel COOPER (Canada)
1989 : greffe de foie à partir d'un donneur vivant (USA)
1990 : greffe de poumon à partir d'un donneur vivant (USA)

Premières transplantations en France :

1955 : rein
1968 : coeur
1972 : foie
1976 : pancréas
1982 : coeur-poumon
1987 : poumon

Première greffe de moelle en France : 1956

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